
Des mois durant, j’ai été tenté de poster quelque chose ici. J’ai même gribouillé un petit dessin par-ci, un petit personnage rigolo par-là…
Et puis, rien.
Je me rends compte que je ne dessine presque plus pour parler de moi, beaucoup moins en tout cas qu’à la période où je me représentais sous forme de stylo « Rotring ». Manque de matière ? Pénurie de choses à raconter sur une vie qui serait devenue morne et inintéressante ? Certainement pas.
Ma vie actuelle n’a jamais été aussi excitante, merveilleuse, terrifiante, forte en challenges et autres épées de Damoclès suspendues au-dessus de ma vilaine tête hirsute, pouvant se transformer soudainement en autant de sucettes au goût de caramel au beurre salé – Délicieuse perspective, Normandie represent - mais pouvant encore receler, occasionnellement, une ou deux lames de rasoir. Une vie d’adulte, en somme.
Une vie qui ne s’accorde plus, peut-être, avec ce style graphique un peu enfantin et brouillon, suintant de naïveté que j’avais choisi d’emporter avec moi en ce fatidique mois d’avril 2005, à l’époque où ça ne se faisait plus d’avoir un site perso qu’on met à jour de temps en temps et où on pouvait dire, au sein d’un groupe d’aide à l’orientation professionnelle pour jeunes diplômés (Bac+3 à Bac+6), « je vais ouvrir un blog ». Et être pris au sérieux.
Maintenant, presque sept ans plus tard, en ces temps incertains où les blogs ont subi le raz-de marée Facebook et en sont plus ou moins réduits au stade des sites persos décris au paragraphe précédent, je jongle de façon chaotique avec les multiples casquettes de graphiste (infographiste, même, pour ceux qui n’auraient pas encore compris qu’on ne fait plus rien aujourd’hui sans informatique…), scénariste de bande dessinée, maquettiste, hardcore gamer, fumeur de pipe, joueur de mahjong , et même mari aimant, quand j’en trouve le temps.
Suis-je aigri ? Amer ? Usé par le passage inexorable du temps et tout ce qu’il apporte de situations anxiogènes, décourageant les efforts du plus opiniâtre des optimistes petit à petit ?
Non, honnêtement, je ne crois pas. Dans quelques jours, mardi et mercredi très précisément, je participerais aux 24 heures de la BD, organisées par le Festival d’ Angoulême, dans la catégorie professionnels. Jeudi, nous tenterons, mon camarade Pollo&Wilde et moi-même, de transformer le projet « Temps Suspendu » (qui nous permit l’an dernier de mettre un pied dans le beau monde de la BD pro) en un beau et magnifique album papier, lors d’une soirée privée où de jeunes auteurs dociles et innocents seront livrés en pâture à des éditeurs aux dents longues et au sens des affaires aiguisé et tranchant. Vendredi, j’enrichirai de mon expérience une table ronde sur les questions soulevées par le phénomène de la Bande Dessinée Numérique et irait promener mon badge « auteur » et mon regard bleu acier (heureusement perdu au milieu d’un amas incohérent de poils et à environ un mètre soixante du sol) à la soirée « révélation blog » ou plutôt »Le Blogueur Pirate ! » (oui, moi aussi je suis dubitatif…). Je trouverais bien des trucs plus ou moins pros à faire Samedi et Dimanche.
Allez, j’ai bien assez déblatéré pour l’instant, je vous laisserait donc avec les si beaux yeux bleus (c’est ma maman qui l’a dit) d’un indécrottable raconteur d’histoires qui n’est pas prêt d’arrêter de sitôt.

